« Pass the Courvoisier », le début de l’alliance Hip-Hop / Spiritueux

Bonjour à tous ! J’espère que vous êtes en forme pour cette nouvelle semaine.

Aujourd’hui je vais vous parler d’un des plus gros placement de produit de l’industrie musicale. Il a fait le tour du web, et est considéré aujourd’hui comme une référence dans le milieu. Il s’agit du titre « Pass the Courvoisier » interprété par le rappeur américain Busta Rhymes avec P.Diddy et Pharell Williams.

Dans ce single, Busta & P.diddy rappe sur différentes marques d’alcool mais ils ventent d’avantage les mérites de la marque de cognac « Courvoisier » qui aujourd’hui appartient au groupe « Beam Suntory ».

Le plus fou est que la compagnie a assuré qu’elle n’avait aucun accord avec l’artiste sur le fait d’inclure sa marque dans la chanson. Ce qui n’est pas si étonnant que ça, compte tenu qu’à l’époque (début des années 2000) le fait de mentionner une marque de spiritueux était purement innocent, il s’agissait beaucoup plus d’un choix artistique mené par l’artiste que d’une stratégie financière.

Cependant, l’agence en charge de la marque étant basé à New-York s’est aperçu que les ventes de ce cognac se sont vus augmentées de 20% les années suivants le clip. Des chiffres vertigineux ! On ne compte pas depuis le nombre de chansons hip-hop qui citent une marque de cognac, ou même de spiritueux en général. Boire du cognac est vu aux Etats-Unis comme étant à la fois « chic » et « cool » pour les jeunes Black américains.

En effet, les entreprises ont vite saisi le fait que les rappeurs n’étaient pas des égéries comme les autres. Le milieu du hip-hop est de ceux qui sont proche du milieu de la nuit et des soirées arrosées. Les fabricants d’alcools l’ont bien compris. C’est pour ça que la marque Ciroc apparaît dans les clips de Diddy, ou bien la marque Luc Belaire dans ceux de Rick Ross ou encore la marque de Vin de champagne Armand de Brignac dans les clips de Jay-z.

C’est tout de même intéressant de voir comment la relation PPL-Clip est mutuellement bénéfique. L’artiste aide la marque à vendre plus de produits, l’artiste se fait payer pour la promotion qu’il fait à la marque et nous, nous achetons ces sons et les faisons « tourner » sur les réseaux sociaux et les plateformes internet en général sans être dérangé par l’intrusion de la publicité dans nos chansons. Au final, chacun y trouve son compte.

On peut considérer que ce placement de produit est bien réussi sachant qu’il représente un parfait équilibre des composantes suivantes : la notoriété de l’artiste, en l’occurrence ici Busta Rhymes, le synopsis, la stratégie de la marque et la durée de visibilité : la chanson a connu un franc-succès et est restée au top des charts pendant plus de 20 semaines avec plus de 97 000 passages radio, et un clip diffusé plus de 600 fois sur les chaines MTV et BET (difficile de faire mieux question visibilité).

Ce placement de produit est sans doute l’un des plus gros qu’une marque puisse connaître, il inclut à la fois un PPL oral et un PPL visuel, une combinaison que beaucoup d’annonceurs aimerait accomplir.

 

Give me the Henny, you can give me the Cris

You can pass me the Remy but pass the Courvoisier

Give me the ass, you could give me the dough

You can give me ‘dro but pass the Courvoisier

 Give me some money, you can give me some cars

But you can give me the bitch make sure you pass the

Courvoisier

Give me some shit, you can give me the cribs

You can give me whatever just pass the Courvoisier

 

Excellente semaine à toutes et à tous, et bon courage !

Audrey Prins, les AAJAK.

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